Baker ben frej compte parmi les très peu nombreux plasticiens tunisiens qui ont choisi dès le départ, depuis le début de leur carrière, de vivre de leur art. Il a d’emblée choisi la contrainte pour mettre à l’épreuve sa liberté d’être artiste. Il a choisi aussi la gravure comme technique matricielle dans son cheminement plastique ; technique que ni le collage ni la peinture ne réussissent à effacer bien que tout dans son travail sur la toile soit fait pour gommer la gravure, pour lui échapper, pour la cacher, l’escamoter… Elle est là, bien là, et clame haut et fort qu’elle est à l’origine de tout, qu’elle est l’origine. Quelle technique, en effet, illustre mieux que la gravure cette dialectique du plein et du vide, le vide devenant plein et le plein vide, qui est l’essence-même des arts plastiques, et des arts tout court : bruit et silence, présence et absence… ? Elle illustre le mieux ce rapport fusionnel que Baker entretien avec la matière de son art et traduit ce rapport métaphysique qu’il a avec la nature et tel un paléontologue, il exhume du fond de la terre, et de la mémoire, ces traces originelles de la vie et de son évolution du minéral à l’humain en passant par le végétal et l’animal se mimant et se confondant dans des compositions dynamiques qui animent la toile et créent l’illusion et le régal des yeux.

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